L’histoire du tatouage traditionnel japonais

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Les ptits loups, on ne parle vraiment pas assez de modification corporelle ici! Donc on va s’y mettre et commencer par apprendre deux trois petites choses (sauf si vous connaissez déja tout sur tout, auquel cas n’hésitez pas à manifester vos connaissance en me laissant un joli petit mot pour compléter ou rectifier un truc!). J’avais pondu un article sur l’art Maori plus tôt, on continue à voyager cette fois ci au Japon!
ATTENTION: je parle ici de tatouage TRADITIONNEL et non pas du tatouage style japonais en général avec l’appui de pas mal de témoignages et sites sur le sujet.

Etymologie

Il existe plusieurs mots au Japon pour parler du tatouage. L’horimono est le terme qui désigne les tatouages en général. L’irezumi lui ne concerne que les tatouages traditionnels qui couvrent de larges parties du corps, tatouages intégraux inclus.
De nos jours, les tatouages ne sont pas très bien vu au Japon. Signe distinctif des yakuza ou preuve d’une liberté de mœurs mal vue, il n’en est pas moins que pour beaucoup, il est un art. Son origine remonte à loin, quand les pêcheurs se tatouaient le visage pour se protéger contre les esprits maléfiques.

Des dates

Des figurines datant de l’ère Jomon (-10 000 à -300 av. JC) portent des marques ressemblant à des tatouages sur le visage et le corps.
Par la suite, des écrits chinois du IIIe et IVe siècle parlent de pêcheurs japonais au corps entièrement tatoué.

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L’apparition des premiers ouvrages imprimés japonais date du VIIIe siècle. Parmi ces ouvrages figure le Kojiki, écrit en 712 qui décrit deux types de tatouages, le premier réservé aux personnes illustres et aux nobles, et le deuxième, plus dégradant, réservé aux criminels.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kojiki

D’autres écrits chinois parlent aussi de japonais tatoués dans les îles Ryukyu (îles de la partie Sud du Japon) qui tatouaient le dos de leurs mains, incluant les doigts, les poignets et les articulations. Mais le tatouage n’était pas répandu sur toutes ces îles : sur certaines, hommes et femmes étaient tatoués, sur d’autres seulement les femmes et on ne trouvait aucune trace de tatouage sur certaines îles. Ces tatouages sur les femmes étaient censé les protéger des enlèvements pratiqués par les japonais. Il est parfois utile de savoir que son ennemi n’aime pas les femmes tatouées…
Les Ainus pratiquaient aussi le tatouage (province d’Hokkaido) Ils les utilisaient comme symbole d’appartenance à un clan ou un métier. Les femmes quant à elles, avaient des tatouages à valeur rituelle : des moustaches.
Ces deux peuplades pratiquaient aussi le tatouage thérapeutique. Ils croyaient que le tatouage pouvait guérir la partie du corps tatouée.

La prohibition du tatouage

Le VIe siècle marque l’arrivée du bouddhisme et des doctrines confucéennes au Japon, deux influences qui changèrent radicalement la perception du tatouage qui pris alors une forte connotation négative.

Le premier shogun de la période Edo, Tokugawa Ieyase, a unifié le pays et installé le pouvoir à Edo (si, si, vous connaissez, c’est la ville qu’on appelle Tokyo maintenant ^^). Il a divisé la société en 4 classes : shi (les samourais), no (les paysans), ko (les artisans) et sho (les marchands). Ces rangs sont basés sur le confucianisme. Il bannit en 1614 le christianisme et appliqua la règle du confucianisme à la lettre (et ce qui suit n’est qu’une traduction approximative tirée d’une autre traduction moins approximative à mon avis certainement tirée d’une autre traduction encore moins approximative…) : « Le corps, les cheveux et la peau que nous avons reçu de notre père et de notre mère, ne pas les abîmer est le début de la piété filiale. Préserver son corps, c’est vénérer son dieu. » Ceci ne va pas sans nous rappeler les instructions des religions Abrahamiques.
Le tatouage se mit alors progressivement à marquer les peines judiciaires, et les résidents des quartiers de plaisir : les Yujo (prostituées légales) et Geisha de rang inférieur.
Ces dernières étaient adeptes de l’irebokuro (nommé ainsi à l’ère Edo), qui représente donc le tatouage des courtisans, alors que les Geisha et courtisanes de haut rang les dédaignaient en général. Ire ou ireru signifie insérer et bokuro ou hokuro signifie grain de beauté. Au début de la période Edo, le tatouage est comme un grain de beauté, ce n’est pas encore « imagé ». Un des plus anciens irebokuro répertorié est un tatouage pratiqué sur la main d’un homme et d’une femme, à l’endroit où, quand ils se tiennent la main, la base de leur pouce se touche. L’irebokuro est un souvenir pour les amoureux et un témoignage de leur amour. Certaines yujo se faisaient tatouer le nom de leur amoureux et le caractère japonais signifiant « vie ». Certains mentionnent la pratique de l’irebokuro pour les homosexuels aussi, entre les prêtres et de jeunes garçons (LOL…). Ces tatouages s’appellent alors kishobori (on pourrait traduire ça comme « un vœu sous forme de tatouage » ou encore « une promesse tatouée »). Les yujo qui se faisaient tatouer sur l’intérieur du bras, près de l’aisselle, indiquaient une affaire secrète, un amour interdit ou un désir personnel. Pour certains, le tatouage chez les yujo signifiait une promesse secrète, une preuve nuptiale, un amour éternel, pour d’autres, ce n’était qu’un moyen de garder leurs clients et d’accéder à un rang plus élevé chez les courtisans.
Garder leurs précieux clients était leur but premier et elles disposaient de plusieurs moyens pour l’atteindre :

1 – donner une lettre à son amoureux (un gage écrit)
2 – tatouer le nom de son amoureux sur le bras
3 – couper ses cheveux
4 – couper son petit doigt (et oui, ce ne sont pas les yakuza qui ont inventé cette pratique)
5 – s’arracher l’ongle d’un de ses doigts
6 – se donner un coup de poignard à l’épaule ou la cuisse

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Beaucoup de yujo et de geisha se tatouaient pour faire plaisir à leurs clients. Les geisha de haut rang trouvaient le tatouage inélégant et indiscret et l’évitaient, mais certains clients insistaient et il ne leur était parfois pas possible de l’éviter. Comme le tatouage pouvait être une source de problème si la geisha avait plusieurs clients, l’ôter n’était pas un obstacle. Il était cautérisé avec une mixture de moxa (herbes séchées) et du feu. Se couper un doigt, les cheveux ou s’arracher un ongle était quelque chose de trop visible, c’est pourquoi le tatouage était la méthode préférée.
Mais la forme extrême d’amour était le shinju, le double suicide (ils sont parfois extrêmes les japonais quand même). Beaucoup d’amoureux l’ont pratiqué au point que ce phénomène a atteint un pic pendant l’ère Genroku (1688-1703). Par la suite, à l’ère Tokugawa, le kishobori perdit de sa popularité.

Au XVIe siècle, pendant les guerres civiles, certains samourais se faisaient tatouer. Si jamais ils mourraient sur le champ de bataille et qu’on leur volait vêtements et armures, leurs tatouages servaient à les identifier. Mais c’est à l’ère Shogun qu’il prit définitivement une mauvaise connotation, quand les autorités japonaises se mirent à marquer les criminels en les tatouant, pour les distinguer du reste de la population.

Le tatouage pénal

Le gouvernement Tokugawa avait certains problèmes financiers. Quand Yoshimune devint le huitième shogun en 1716, il commença à réformer la politique. Une de ses plus grandes modifications fut d’imposer la « frugalité ». Et il commença lui-même par diminuer ses dépenses et ordonna à tous ses officiels de diminuer le coût de leur département. Il imposa aussi aux gens du commun de diminuer leur train de vie et de ne plus afficher le luxe.

Ce fut lui aussi qui instaura la peine officielle du tatouage en 1720 pour remplacer l’amputation du nez et des oreilles (exception faite pour les samourais qui ne subissaient pas ce genre de choses). Les voleurs et les meurtriers étaient condamnés à mort, tandis que ceux coupables d’extorsion, de fraudes et d’escroquerie étaient punis par la peine du tatouage.

Ces tatouages ressemblaient généralement à des cercles noirs autour des bras (ou encore à un kanji sur le front). Les criminels tatoués étaient mis au ban de la société, sans espoir de retour en arrière, leur ôtant toute raison de ne pas recommencer et les entraînant par la même occasion dans un cercle vicieux de crimes. Et les gens se mirent alors à considérer avec peur tous ceux qui portaient un tatouage. Les tatoués finirent par former une classe en dehors de la société , la classe eta. Les cercles noirs furent au fur et à mesure recouverts d’autres tatouages plus évolués pour les camoufler et ainsi apparurent les tatouages actuels des yakuza, magnifiques œuvres colorées qui vont souvent jusqu’à recouvrir la totalité de leur corps.

Cette peine a été interdite par la suite par le gouvernement Meiji en 1870. Ils ont même interdit le tatouage tribal des Ainus et des habitants des îles Ryukyu. Sa politique de rénovation ne faisait pas bon ménage avec la pratique féodale qu’était le tatouage. Et c’est aussi à cette époque que le Japon s’est ouvert aux occidentaux dont les marins permirent aux maîtres tatoueurs d’exporter leur art. Et pas forcément des petits marins. Des écrits disent que Hori Chyo, un maître tatoueur, a tatoué le Duc de Clarence, le Duc d’York (qui devint le roi George V) et celui qui devint par la suite le Tsar Nicholas II.

L’interdiction sera levée nationalement en 1948 (sauf pour les moins de 18 ans), mais la perception négative restera encrée dans les mentalités. Même si certaines catégories professionnelles l’utilisaient comme une marque de leur corporation.

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Le tatouage comme moyen de reconnaissance ?

Les pompiers d’Edo furent les premiers à adopter le tatouage comme un signe de reconnaissance de leur profession. Ces derniers affectionnaient particulièrement les dragons et créatures aquatiques susceptibles de les protéger dans leur travail dangereux. Pendant la période Tokugawa, Edo était souvent envahie par les flammes et la cité disposait donc d’un système particulièrement bien développé pour lutter contre les incendies.
A la base, les Yakuza ne comportaient pas que des hommes comme c’est le cas actuellement. Les femmes, les maîtresses et les petites amies se faisaient aussi faire des tatouages qui servaient à montrer leur affiliation et/ou leur loyauté. Mais il semble que la misogynie moderne soit plus forte et vous ne rencontrerez que très, très peu de japonaises arborant de tels tatouages.
73% des yakuza sont tatoués. Cette étape était considérée comme un test d’endurance et de courage et les tatouages qu’ils se faisaient faire étaient très codifiés. Mais les nouvelles générations de yakuza se font de plus en plus faire un tatouage de type occidental, plus rapide, moins douloureux et bien moins cher ! Certains sautent même l’étape du tatouage et d’autres se le font enlever par opération pour retourner dans la société..
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Le milieu de la prostitution considère le tatouage comme un élément sensuel qui augmente l’attrait des prostituées envers les clients et c’est la deuxième cause responsable de la discrimination des tatoués (pour ceux qui ont perdu le fil de l’histoire : assimilés comme étant des yakuza, ou comme ayant un lien avec la prostitution).

Mais l’influence occidentale fait que cette discrimination des tatouages se fait moins importante. Vous trouverez toutefois encore dans de nombreux bains publics une affiche interdisant l’entrée à ceux qui portent un tatouage.


La technique

A l’heure actuelle au Japon, la diffusion de la technique traditionnelle à un plus large public est toujours difficile du fait du tabou associé. Grâce à l’initiative de quelques pionniers, dont le maître Horiuno au tournant du XXè siècle, un des grands noms de l’irezumi moderne, un grand nombre d’apprentis tatoueurs a pu être formé. Et de nos jours, on peut trouver à Tokyo des conventions de tatouages et quelques tatoueurs de la nouvelle génération proposent à nouveaux des motifs traditionnels.
Le tatouage traditionnel est entièrement réalisé à la main avec de fines aiguilles, de l’encre de charbon et des pigments de couleur. L’outil est une sorte de manche en pointe, en général en métal mais autrefois en bambou, au bout duquel sont insérées ces aiguilles dont le nombre dépend de la taille du tatouage. Suivant le type de travail et la partie du corps concernée, le tatoueur peut utiliser de 5 à 36 aiguilles. L’encre utilisée est toujours la même encre noire depuis 300 ans. Par contre, les méthodes de désinfection ont considérablement évolué : à l’époque d’Edo, ils utilisaient l’alcool ; pendant l’ère Meiji, ils ont bouilli et maintenant, ils utilisent les mêmes procédés de stérilisation que dans les hôpitaux.

Cette méthode traditionnelle est réputée très douloureuse et même les yakuza se font de moins en moins tatouer. Vous en trouverez même qui n’ont qu’un tatouage qui restera inachevé à cause de la douleur. 80% des clients abandonnent le tatouage en cours de route (en ne comptant pas que les yakuza). C’est peut-être une des raisons qui fait que cette technique n’est désormais que peu utilisée par les tatoueurs, en plus du fait qu’elle nécessite des techniques et des connaissances spéciales.

Maître Horiyoshi III est une figure emblématique de l’irezumi actuel. Il est l’un de ceux qui a modernisé cet art en utilisant un dermographe électrique pour le tracé des grandes lignes et les techniques d’ombrages occidentales. Il est aussi le propriétaire du tattoo Museum de Yokohama, musée qui se veut une vitrine pour diffuser cet art.

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Le tatouage au Japon a donc une longue histoire qui permet de mieux comprendre pourquoi il est encore perçu négativement, même si l’influence occidentale a redoré un peu son blason. Mais son histoire permet aussi d’avoir un aperçu de la complexité de la culture japonaise : les tatoués sont des marginaux, des criminels, mais le tatouage traditionnel est un art exercé par des maîtres, un art particulièrement coûteux et douloureux.

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l’Art Maori (Moko)

Le tatouage Maori, origines, symboles et techniques

Moko est le nom du tatouage Māori et de la culture entourant l’art ce tatouage. Tous les symboles utilisés ont une signification. C’est un lien tribal qui raconte l’histoire de son porteur. Le Moko est un langage visuel qui connecte celui qui le porte à son « whakapapa » (généalogie). Cet art a été introduit en Nouvelle Zélande (ne pas confondre donc avec le tatouage Polynésien de Tahiti ou des îles Marquises).

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La naissance de l’art Moko

Selon la mythologie Māorie, le tatouage a commencé par une histoire d’amour entre un jeune homme qui s’appelait Mataora et une jeune princesse du monde des Ténèbres du nom de Niwareka.
Un jour Mataora frappa Niwareka. Niwareka s’enfuit alors pour rejoindre le royaume de son père, sorcier des Enfers. Mataora, le cœur brisé et repentant, partit à la recherche de Niwareka. Après bien des épreuves, et après avoir surmonté de nombreux obstacles, Mataora est finalement arrivé dans le royaume de Uetonga. Mais, après son long voyage, Mataora se sentit honteux de sa propre apparence – son visage abîmé était couvert de saletés. Humblement, il demanda alors un Moko (tatouage) à Uetonga, qui finit par accepter.
Alors que les mains habiles du sorcier Ta Moko (tatoueur) travaillaient sans relâche sur son visage, un esprit ‘Tapu’ (sacré) le submergea. Mataora commença alors à voyager au delà de la douleur de la chaire, guidé par son âme afin de comprendre le « mana » (pouvoir) de son histoire. Il sentit la force de vie des Dieux et le souffle qui lui donna la vie. Il tourbillonna à travers les lignes de Dieu et les lignes de la terre jusqu’aux entrailles sacrées de sa mère. Il vit la vie de sa mère et son père; leurs rangs et leurs positions dans la vie se tresser dans le tissu de son horloge terrestre. Il vit ses terres tribales au delà des brumes. Il vit ses tribus et les mariages en leurs seins. Il vit le caractère exceptionnel de chacune des vies avant lui et entendit le murmure de son propre nom Mataora, mata ora, mata ora…de la naissance à la mort, de la naissance à la mort, l’histoire de ta vie est entre les lignes de ton propre visage, gravée à partir de la mémoire de tes propres os.
L’odeur de Kauri brûlé remplit l’air alors que les fibres souples de lin brossaient son visage enflé pour nettoyer le sang. Il sentit l’eau froide tomber entre ses lèvres et atteindre la sécheresse de sa langue. Il entendit le ‘Waiata’ (poème, chanson) de ses ancêtres et ouvrit les fentes qu’étaient ses yeux. Niwareku s’assit à ses côtés.
Mataora passa de nombreux jours et nuits avec Uetonga pendant que sa chaire commençait à guérir, en écoutant comment s’approprier le savoir du Ta Moko.
Quand il fut guéri, Mataora  parti en quête d’un os sacré pour réaliser ses outils et du pigment bleu-noir nécessaire pour réaliser le Moko. Il travailla ensuite avec dextérité sur la peau souple de la gourde offerte par Uetonga, sculptant le Moko de sa vie dessus, le Moko de son visage.
Une fois terminé, il passa son travail à Uetonga qui bénit son savoir, passé et présent. Mataora quitta alors le Monde des Ténèbres avec Niwareka et retourna dans le monde de la lumière, apportant avec lui l’art du tatouage ‘Te Moko’.

La signification du Moko chez les Maoris

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Pour les Maoris, le ‘Ta Moko’ est un symbole fort d’identification. Il s’agit d’une véritable carte d’identité codifiée qui révèle le rang social, la force et la virilité, l’autorité et le pouvoir du porteur, son clan et son statut.
Les lignes du Moko Maori ont toutes leur propre symbolique et sont réservés à des endroits du visage précis : la descendance ancestrale est indiquée par les deux côtés du visage. Le côté droit est, en général, le côté de la filiation tribale du père, le côté gauche, celui de la mère.
L’ascendance est un pré-requis essentiel à l’élaboration d’un Moko dans la civilisation Maori. Le rang social des parents, selon qu’il soit héréditaire ou acquis, est important pour le motif du tatouage. Si l’un des deux parents n’est pas de rang social élevé, le côté du visage qui lui est dédié ne sera pas tatoué. De même, si aucun des parents n’a d’ascendance sociale élevée, le centre du front n’est pas tatoué : cette absence signifie que le tatoué n’a pas de statut social élevé ou ne l’a pas hérité si il en a un.
Celui qui procède à la réalisation des tatouages Maoris est appelé Tohunga-ta-moko, qui signifiait à l’origine l’expert, mais à notre époque le mot se traduit par prêtre, ce qui révèle l’importance spirituelle du Moko dans la culture Maorie. En effet, le Tohunga est considéré comme la personne étant la plus proches des Atua (dieux) lorsqu’ils pratiquent leur art sacré.

La technique
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Au centre de l’art du tatouage maori, le visage était considéré comme la partie du corps la plus sacrée. Et parce que le tatouage provoquait des saignements qui se répandaient sur l’artiste tatoueur, ce dernier était une personne ‘Tapu’.
Tous les Maoris de haut-rangs étaient tatoués et ceux qui ne possédaient pas de tatouages étaient considérés comme des personnes n’ayant aucun statut social.
Le tatouage commençait à la puberté, accompagné par de nombreux rites et cérémonies rituelles. En plus de rendre un guerrier attractif, la pratique du tatouage marquait les rites de passage et les évènements importants dans la vie d’une personne.

Il y avait certaines interdictions pendant le processus de tatouage. Pour le tatouage facial en particulier, la proximité sexuelle et l’ingestion de nourriture solide étaient interdites. Afin de surmonter cette dernière interdiction, on faisait passer l’eau et la nourriture liquide dans un entonnoir, cela afin qu’aucun produit contaminé ne soit en contact avec la peau gonflée. C’était également le seul moyen pour le tatoué de manger jusqu’à ce que ses plaies soient guéries. Un tatouage facial complet prenait énormément de temps et la structure osseuse du visage de la personne était attentivement étudiée par le tatoueur.

La première étape du tatouage était de graver des entailles profondes dans la peau à l’aide d’un ciseau en os d’albatros taillé de façon très coupante. Ensuite un burin était trempé dans un pigment (de la gomme de Kauri brulée ou des chenilles végétales brulées) que l’on enfonçait dans la peau. C’était un procédé extrêmement long et douloureux. On plaçait souvent des feuilles de Karaka sur le tatouage gonflé pour en hâter la guérison. Car les guerres étaient fréquentes et les guerriers avaient peut de temps pour récupérer.

Controverses

Les Maoris sont très attachés à leur culture et traditions. Contrairement aux chinois qui ressentent l’imitation de leur travail comme un honneur, les Maoris veulent préserver l’authenticité de leur marquage de peau au maximum.  De fait, L’utilisation de Moko sur des non Maoris est vue comme une insulte. C’est pourquoi en 2007, lorsque Jean Paul Gauthier s’est inspiré des tatouages Maoris pour présenter sa nouvelle collection, une vaste polémique a surgi en Nouvelle Zélande. A la place, ils encouragent les ‘Kirituhi’, des tatouages d’inspiration Maorie, mais dont les lignes ne sont pas directement dessinées à partir des dessins existants ou des symboles traditionnels.

Sources

http://www.thetattoocollection.com/history_of_tattoos.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/T%C4%81_moko
et du par ci par là…