Possession et objets anciens, ces sujets à la con qui finissent en thèmes de films d’horreur.

Ami internet,

toi plus que quiconque sais à quel point j’aime et je redoute les films d’horreur. Tu sais également à quel point il m’est difficile de ne pas m’angoisser devant un film inspiré de faits réels. Car comme on en avait parlé ici
https://inkonnection.wordpress.com/2013/09/23/le-masochisme-du-visionnage-de-film-dhorreur-quand-on-est-une-tafiole-seule-chez-soi/

La réalité possible d’une histoire d’épouvante va chambouler ton sentiment de sécurité du fin fond de ton canapé, devant ton petit film d’exorcisme. Ce chamboulement s’insinue sournoisement en toi et te fait entendre toutes sortes de bruits étranges, te fait voir toutes sortes de silhouettes inquiétantes, et rampe en toi comme un serpent pour te faire finir ta nuit dans une paranoia absolue, en s’illustrant par une seule question: « et si ça m’arrivait aussi?« 

Portrait robot d’une victime ordinaire
Cette question m’amène à m’en poser une autre, lorsque le soleil est levé et que la lumière et la foule – chose rare – me procure de nouveau de l’assurance. Quel est le profil type de la victime de film d’horreur? Qui est le plus susceptible de servir de chambre d’hôtel à un esprit, voire à d’auberge de jeunesse à une famille entière de démons?

Ce qui fait la réussite d’un film d’horreur selon moi, c’est cette identification au héros/victime. Mais surtout cette manière de te faire comprendre que n’importe qui peut se retrouver dans une merde paranormale. Le gamin comme la vieille aux chats, l’athée comme le religieux, le militaire comme le simple père de famille. Toi comme moi (classe hein comme réplique?).

Et ce système d’identification se fait très facilement grâce à deux types de techniques de film d’horreur qui marchent toujours sur moi: la possession et les objets hantés.

La possession, sale, bruyante, mauvaise pour la peau
C’est surement pour cette raison que j’ai adoré l’Exorcisme d’Emily Rose, totalement inspiré de la possession d’Anneliese Michel, jeune allemande qui a fait couler beaucoup d’encre après avoir été un objet de confrontation entre la neuroscience et la religion. Diagnostiquée épileptique ou possédée, elle a subi des dizaines d’exorcismes avant de mourir. Un film plus réaliste sorti en 2006, soit l’année suivante, relate le procès qui suivi et les accusations de négligences médicales qui furent portées contre les deux prêtres et les parents de la jeune fille.

A travers l’histoire du film, le spectateur ne peut qu’orienter son choix de croyance vers le paranormal, la démonologie au lieu de la science et la médecine. Penser que même la piété et la proximité envers Dieu n’a pas suffit à protéger Emily Rose lui donne l’impression que si une créature surnaturelle est capable de l’atteindre, aucune autre créature surnaturelle ne le protègera, et le païen devant sa TV se dira qu’il est sincèrement mal barré vu tous les vices qu’il trimballe. Et puis ptin, on a toujours l’air con quand on dit qu’il se passe un truc paranormal. C’est un coup à passer pour un malade.

De cette même manière, l’un des film les plus reconnus dans l’histoire du cinéma en terme d’exorcisme inspiré de faits réels n’est autre que le célèbre film l’Exorciste. En effet, ce film que beaucoup connaissent surtout grâce à des scènes cultes telles qu’un retournement de tête à 360°, une tentative de paluchage un peu vilaine avec un crucifix et des répliques délicates vient d’un roman inspiré d’une histoire vraie, celle de Roland Doe. En 1949, alors qu’il n’était encore qu’un étudiant, William Peter Blatty découvrit un article du Washington Post relatant l’histoire d’un jeune garçon de 14 ans, baptisé Roland Doe par l’église Catholique, qui avait été possédé par le démon avant d’être exorcisé et fasciné, il se mit alors à écrire sur le sujet. En 1971, lorsque L’Exorciste fut publié, Blatty était surtout connu en tant que journaliste et scénariste mais son livre se vendit à plus de 13 millions d’exemplaires, uniquement aux États-Unis.

Jeune et impressionnable à l’époque, ce film m’avait empêchée d’aller aux WC une nuit entière malgré une envie plus que pressante. Aujourd’hui je me demande ce que cela me ferait de revoir le film… A tester donc.

Si je ne cite ici que deux cas de films de possessions tirés de faits réels, il y en a pourtant plein d’autres qui mériteraient d’être cités.

Cependant la possession reste un sujet qui revient aussi à travers des films d’où l’horreur provient d’objets, voire même de maisons, que l’on qualifie de hantés, sans toujours se demander par quoi… On peut parler de la maison d’Amytiville, du Crescent Hotel, de la maison du premier volet de la trilogie Conjuring: les dossiers Warren.

565596En parlant de ce dernier, le deuxième volet illustre totalement la notion de possession par objet, qui prend une fonction de vaisseau à démon, créature pouffiasse qui squatte l’objet en attendant de pouvoir chopper ton corps. Le film Annabelle, que j’attends impatiemment tout en appréhendant sa sortie (la fille qui ne sait pas où elle a mal), est tiré, comme le premier volet d’une histoire vraie figurant dans les dossiers de Lorraine et Ed Warren, experts en paranormal et époux qui avaient la classe.

D’après les époux Warren, la poupée fut offerte à une petite fille par sa mère dans les années 70. Faite de chiffon et non de porcelaine comme dans les films, elle ne cessait de se déplacer et lancer d’étranges messages. Un jour, elle tenta même d’étrangler quelqu’un. Pour élucider le mystère qui entoure la poupée, les Warren ont été dépêchés chez les propriétaires, et ces derniers n’ont pas hésité à s’en débarrasser. Le couple d’exorcistes conçut donc une boîte spéciale et l’y enferma. Ed-Lorraine-Annabelle

De nos jours, le musée de l’Occulte du couple Warren est encore extrêmement visité, ayant pour guide Lorraine Warren. Un jour qu’elle faisait visiter le musée à une équipe de tournage, peu de temps après la sortie du film The Conjuring, Lorraine s’arrêta devant la cage de verre d’Annabelle et, se tournant vers le caméraman, elle déclara:  » L’objet le plus terrifiant du musée, c’est cette poupée. Je ne vais pas la regarder. Vous pouvez la filmer, mais je ne la fixerai pas. Elle a causé bien des malheurs à beaucoup de personnes.  »
Creepy.

Autre style d’objet, autre style de démon, et toujours le même type d’emmerdes, le film Possédée, qui lui tape dans un type de démon plus exotique, avec des origines intéressantes, mais surtout moins connues dans notre petit monde occidental. C’est ainsi que le film met en place l’histoire de la monstrueuse boîte à Dibbouk. Un Dibbouk dans la mythologie juive est un démon ou un esprit malin, généralement l’âme d’un mort, qui peut posséder le corps d’une personne. On peut le chasser en suivant un rituel d’exorcisme.
Ici le Dibbouk bloqué dans une boite prend une enfant pour cible, lorsque son père lui offre une boîte qu’elle avait repérée dans un vide grenier.

la-boite-a-dibbouk

Or, cette boîte a réellement existé sous la forme d’armoire à vin, et a supposément provoqué de grandes misères à ses propriétaires.
Kevin Mannis était antiquaire et il possédait une modeste boutique à l’entrée de la ville de Portland, dans l’Oregon. Il aimait particulièrement les petits objets rares, faciles à revendre, et il les trouvait généralement dans les petites ventes organisées par des particuliers. Kevin assista à une vente aux enchères organisée par une famille dont la grand-mère était morte à l’âge de 103 ans.  Lorsque la boîte fut dans son entrepôt, elle terrifia son assistante à travers plusieurs phénomènes inquiétants (grande sensation de froid, puanteur atroce, eclatement d’objets…). L’assistante ne voulut plus jamais revenir.
boite-dibbouk-ouverte

Kevin offrit alors la boîte à sa mère, dont la santé se dégrada rapidement, jusqu’à ce qu’elle fasse un AVC et perdit l’usage de la parole. Suite à d’autres phénomènes, elle tenta d’expliquer à son fils que la boite était dangereuse en essayant de lui écrire « no gift, hate gift« . Une succession de phénomènes et d’attaques défila, et à ce moment-là, Kevin commença à faire le lien entre les incidents bizarres et le petit coffre. Finalement, tous ses problèmes avaient commencé avec l’achat de cette boite. Il devait s’en débarrasser et la vendit donc aux enchères sur Ebay…

http://web.archive.org/web/20090304231546/http://www.andrew.cmu.edu/user/rubyc/eBay_dibbuk.htm

Si l’histoire de cette boîte m’a littéralement fascinée, c’est aussi grâce à l’authenticité des éléments, et la facilité d’obtention d’infos et de preuves à son sujet. Peut-être aussi mon intérêt envers les objets anciens…?

autre objet hanté, autre type d’angoisse cinématographique, la très célèbre poupée tueuse Chucky. Tout le monde la connait, mais combien savent que cette poupée sanglante a réellement existé? En effet, Robert the Doll  est à l’origine de nombreux cauchemars. Offerte à Robert Eugene Otto, un peintre  americain, en 1906, la poupée a très vite été soupçonnée de hantise.

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Selon l’histoire, elle lui aurait été offerte par un domestique des Bahamas qui avait la réputation d’être doué en magie noire et vaudou. Les choses ont commencé à inquiéter les parents d’Eugene lorsqu’ils l’entendaient parler à sa poupée le soir. Si au début ils ont pensé que cette petite voix aigue venait d’Eugene qui jouait simplement, ils ont très vite prétendu avoir réalisé que la poupée parlait réellement.

Les incidents survenus ensuite leur firent croire qu’Eugène etait un gosse plein de bêtises, mais celui ci, térrifié après chaque connerie s’acharnait à leur dire que Robert les faisait. Les voisins eux mêmes prétendaient voir la poupée bouger d’une fenêtre à l’autre lorsque la famille etait absente.

A la mort d’Eugene, en 1974, la poupée fut laissée dans le grenier, jusqu’au rachat de la maison. La nouvelle famille occupant les lieux était aussi composée d’une petite fille de 10 ans, qui très vite se mit à hurler la nuit, arguant que la poupée se déplaçait dans la chambre et tentait également de l’attaquer… Plus de 30 ans plus tard, elle maintient toujours ses affirmations.

chucky

Evidemment, si le genre horreur ne plait pas à tous les spectateurs, et titille leur scepticisme à toute épreuve, il est quand même parfois difficile de comprendre, ou même donner une explication probablement logique à toutes ces affirmations. Cependant ami internet, je te demande ici un service, et ce sera également la conclusion de mon article: si un jour, je te dis qu’il se passe un truc bizarre (vous avez dit bizarre?) chez moi, s’il te plait, ne me prends pas pour une folle, ne m’interne pas à l’asile, et surtout, bute la poupée et les objets anciens que tu trouves chez moi!

Allez, coeur coeur ❤

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