Le masochisme du visionnage de film d’horreur quand on est une tafiole seule chez soi.

THE THING 2011 headline

Je ne peux pas expliquer cet article sans situer le contexte.

Mon adorable enfoiré de copain s’est barré en déplacement professionnel (et un peu en vacances) dans le Nord de la France. Et commençant lentement à me faire à l’idée que ça arrive de plus en plus, j’ai décidé de prendre un peu ces périodes d’absence non pas comme le drame de ma vie (parce qu’il faut le savoir: l’homme parti -> je me laisse limite mourir, et j’arrête de chanter Independent Women de Beyoncé, je suis faible et je me morfonds sur le canapé comme une merde transie d’amour). mais comme l’occasion de prendre soin de soi, se faire des masques maisons qui puent l’oeuf sur la gueule,  se retrouver un peu avec soi même, ne plus demander 3h à son chéri ce qu’il veut manger, ne plus criser sur le calbut par terre dans la salle de bains, bref, j’essaye de revoir un peu toutes les choses qu’une célibataire aime dans sa vie, quand on n’a pas à entretenir cette image glamour et sophistiquée que l’élu(e) de son coeur doit garder (même si la mienne a depuis été mâchée, avalée, digérée et chiée depuis le temps).

Mais surtout, c’est l’occasion de regarder un film d’horreur bien dégueulasse pelotonné dans sa couette au fond du canapé le soir.

Certes, c’est quelque chose que j’avais pour habitude de faire avec l’homme aussi, mais afin de ne pas bousiller mon frêle équilibre intérieur, je me suis dit que seule, ça allait le faire aussi. Parce que forcément, grande gueule comme je suis, je parle de tous les films d’horreur que je regarde, en grosse horrocinéphile (j’invente des mots ouais) que je suis. J’oublie par contre de préciser que je les regarde toujours avec quelqu’un, non pas par peur, simplement parce que j’ai toujours du monde avec moi, vivent en couple, l’homme est ma compagnie attitrée.

Je me suis donc équipée, ma bouteille Arizona (Green Tea & Honey bien sûr, il doit y avoir de l’opium dans ces machins là, j’ai du mal à m’en passer), le tee shirt informe et anti glamour, le caleçon du chéri (oui, je lui vole ses dessous ET ALORS?), et bim, je me prends The Thing, dont mon beau frère, amateur de films de flippe ne me dit que du bien:  « j’ai pas osé aller pisser de la nuit, j’ai même voulu réveiller ta soeur pour qu’elle m’accompagne! »

Ok adjugé.

Pour ceux qui connaissent le film, j’ai maté la version de 2011, pour ceux qui ne l’ont pas vu voici l’histoire:

en 1982 en Antartique quelques jours avant la tragedie de la base américaine (que l’on développe dans la première version du film), une paleontologue doit travailler dans une base de recherche norvégienne. Une équipe a decouvert un vaisseau spatial écrasé dans la glace, et un corps d’alien est decouvert pres du vaisseau. L’équipe décide donc de faire des tests sur le corps du spécimen, cependant, la créature, vivante finalement, a les moyens de s’approprier les traits et les cellules d’un être vivant et donc de les posséder. La suspicion s’installe dans l’équipe de chercheurs lorsque la créature disparait …..la paranoia et la folie s’emparent alors de la base.

The Thing 2011 4Il faut savoir que d’une part, je HAIS littéralement les films ayant lieu dans l’espace, ou la banquise, ou sous l’eau. Un côté claustro me paralyse devant ce genre de films, et j’angoisse au point de suffoquer devant ces conneries. J’ai cru mourir devant le film Sunshine qui a lieu dans l’espace, près du Soleil.  Bref.

D’autre part, j’ai pensé que le film serait un peu plus mal foutu. Ca m’aurait permis de me concentrer sur les incohérences, et non pas sur la tronche de l’Alien…

On retrouve un côté similaire à Alien et aux FaceHuggers, toujours efficace.

The Thing 2011 2

Et accessoirement, le budget faux sang a quand même été explosé. Magique.

Bref, vous l’aurez compris, le film m’a arraché quelques beaux sursauts et un sublime hurlement. Mais ceci n’est rien en comparaison de la nuit qui a suivi. Car oui, le deuxième effet Kiss Cool du film d’horreur est l’état de psychose dans lequel on se retrouve lorsqu’arrive l’heure de se coucher. Parce que oui, même à mon âge on peut avoir peur du noir, on court en montant bien les jambes pour sauter dans son lit de manière à ce que les monstres qui peuvent se planquer sous le lit ne nous choppent pas les chevilles, on va aux toilettes en allumant absolument toutes les lumières qui se trouvent à nôtre portée, et on prie brièvement avant de remonter la tête vers le miroir devant le lavabo de la salle de bains de ne pas y voir un truc qui ne devrait pas y être…

Bref, vous l’aurez compris, j’ai passé une nuit de merde, à sursauter et tendre l’oreille à chaque bruit qui m’a paru suspect (et autant vous dire qu’ils l’étaient tous). Avant de me réveiller le lendemain matin assez tôt pour attaquer une nouvelle semaine de boulot. Exit les soins de peau maison de la veille, valoches sous les yeux et bâillements intensifs sont de rigueur.

The Thing 2011 3

Je me suis donc maudite moi même pour ma naiveté, et ma faiblesse face à un film qui met en scène une créature totalement fictive dans un désert de glace qui est à des milliers de kms de moi. S’agit il d’une petite dimension maso de ma personnalité qui se manifeste devant ce genre de films? Parce que oui, j’aime malgré tout angoisser 2h, me demander ce qui va se passer, à quel moment je vais avoir peur, quel sera le premier personnage à prendre sa raclée.

S’il avait s’agit d’un film inspiré de faits réels tel L’Exorcisme d’Emily Rose, la peur serait encore plus présente, car là, on ne se sent plus tellement en sécurité entre ses murs, la porte bien verrouillée et les fenêtres closes. Là, on sait que ça pourrait arriver, dès lors qu’on est prêt à y croire. Cependant, n’est ce pas ridicule de vouloir se faire peur et créer chez soi un climat d’insécurité? Si sûrement, mais pourtant ça reste jouissif, et on recommence.

Alors au fond, qu’est ce qui fait que nous aimons les films d’horreur?

Plusieurs hypothèses sont étudiées, et la plus amusante est sans doute celle menée par des scientifiques britanniques qui tend à soutenir l’idée que les films d’horreur font maigrir (comme le sperme oui oui, on aura tout vu). En effet, publié dans The Telegraph, un article explique qu’un film d’horreur peut faire perdre en moyenne 200 calories

http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/9638876/Watching-horror-films-burns-nearly-200-calories-a-time.html

Mokay… Spécial le régime, mais bon.

Plus terre à terre, mais non moins intéressant, l’article reprend l’idée de la montée d’adrénaline, qui contribue à l’excitement que l’on ressent dans certaines situations extrêmes. Et qui pourrait également être générée par la peur. «Les gens vont voir des films d’horreur parce qu’ils veulent avoir peur, sinon ils n’iraient pas deux fois», explique le Dr Goldstein,un professeur de psychologie sociale à l’université d’Utrecht (Pays-Bas) et auteur de Why We Watch: The Attractions of Violent Entertainment. Le constat de Goldstein paraît banal, mais il se distingue d’emblée d’une théorie qui voudrait que l’on s’inflige des films d’horreur uniquement pour apprécier le soulagement à la fin du film. Certains neurobiologistes assurent également que dans notre cerveau, les synapses de la peur sont très proches de ceux du plaisir. L’adrénaline étant jouissive dans la mesure où le spectateur est dans un cadre suffisamment protecteur. Or on regarde rarement L’Exorciste dans une ruelle sombre ou dans un cimetière. A moins que vous soyez de grands malades et dans ce cas je veux vos témoignages en commentaire au plus vite.

Certain Psychologues parlent aussi des films d’horreur comme un moyen de relativiser face à sa propre mort, on se sent en danger, et on se rappelle à quel point on est fragiles, et donc ce genre de films nous permet de nous prendre cette petite claque que l’on retrouve lorsque l’on prend son journal page faits divers et que l’on lit les atrocités commises par les Monsieur Tout le Monde de notre petite commune, en se disant « c’est tout près, ça aurait pu être moi ».

On côtoie le danger quotidiennement sans le savoir, cependant on se sent bien plus vulnérables lorsque l’on se retrouve face à un film d’horreur, et en même temps on se sent tout simplement plus vivants. Le frisson qui nous parcourt en entendant la musique d’ambiance du film qui nous accroche l’oreille jusqu’à la scène terrifiante, le suspens bien maîtrisé qui nous tient en haleine, le petit moment de répit lorsque l’un des personnages se fait bouffer, car là tout est explicite, on sait que ça arrive, on n’attend plus avec appréhension, et le fameux soulagement de la fin du film, suivi du fameux commentaire habituel « ouais bof, jmattendais à pire ».

Toujours est il que maintenant que je sais ce que je vaux en matière de courage post film d’épouvante, je vais sagement attendre le retour de mon amoureux pour retenter l’expérience traumatisante du film d’horreur, et surtout de la nuit qui suit.

Je compte également sur vous pour me livrer vos impressions ainsi que des noms de films qui selon vous, méritent une bonne nuit blanche!

See ya!

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9 réflexions sur “Le masochisme du visionnage de film d’horreur quand on est une tafiole seule chez soi.

  1. docteur yann

    Hahahahaha!!!

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  2. je partage la thèse du masochisme, surtout pour nous les peureuses (et oui y a pas d’âge pour ne rien laisser dépasser des draps….ON SAIT JAMAIS).

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  3. Je me suis reconnue dans les faits =D
    Film à conseiller vu récemment au ciné et basé sur une histoire vraie : The conjuring

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  4. Ton article me fait vraiment trop rire! J’adore ta façon d’écrire!!Moi je n’ai pas besoin de film d’horreur pour allumer toutes les lumières en plein milieu de la nuit pour aller aux toilettes quand l’homme n’est pas là… j’ai déjà la trouille comme ça!
    Tu me donnes l’envie de regarder un film d’horreur mais rien que d’y penser j’ai déjà peur!! une suggestion pour démarrer en douceur? 🙂

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    • merci pour ton commentaire 😀 sincèrement en film d’horreur pas trop violent je te conseillerais Mama, je l’ai trouvé très soft sur la fin, donc j’ai bien dormi! (je note le degré de flippe des films en fonction des heures de sommeil en moins, efficace!)

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  5. De mon côté c’est pas le pôle nord qui pose problème mais les espaces restreints, limite claustrophobie (limite?), et j’ai eu du mal à dormir après avoir vu The Descent, mais heureusement pas seule ! Le problème c’est que quand tu te lèves pour aller au ptit coin la nuit tu vas pas réveiller toute la maisonnée, et là vous êtes seuls, toi, ton envie de pisser, et le monstre qui t’attend derrière la porte….

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  6. […] toi plus que quiconque sais à quel point j’aime et je redoute les films d’horreur. Tu sais également à quel point il m’est difficile de ne pas m’angoisser devant un film inspiré de faits réels. Car comme on en avait parlé ici https://inkonnection.wordpress.com/2013/09/23/le-masochisme-du-visionnage-de-film-dhorreur-quand-on-e… […]

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