The Beautiful People: Ines Kozic, une danseuse et modèle qui envoie du lourd!

Yo!

Dans la vie on tombe sur des gens classes, doués dans un domaine, ou ayant une personnalité follement attachante. Ici, pour mon premier partage dans la catégorie « The Beautiful People » (je sais vous ne faites pas gaffe aux noms des catégories, jvous merde!!!!) j’ai eu la chance de trouver une petite perle qui réunit toutes ces qualités.262405_142933702560320_1427866008_n

Il s’agit d’Ines Kozic une modèle photo dont la passion pour la danse lui a permis de développer son style, unique, sensuel et authentique. Evoluant dans plusieurs milieux artistiques, son ressenti sur ces domaines, son vécu et son évolution m’ont fascinée, c’est pourquoi elle a accepté de répondre avec gentillesse à quelques (quelques j’ai dit) questions sans tabous!

Ines! Voudrais tu nous raconter un peu ta vie, qu’on sache un peu à qui on a affaire?

Alors, je suis une lyonnaise de 20 ans partie vivre en Bretagne en 2010 pour étudier aux Beaux-arts.  Je pratique la danse depuis que je suis petite, et je suis officiellement modèle vivant depuis environ un an. Mais plus précisément, j’ai commencé à graviter autour d’un appareil photo à l’adolescence, c’est donc quelque chose que je connais bien !

Comment t’es venue l’idée de mélanger la danse et le monde de la photo?

Justement, vers 14 ans en piquant l’appareil photo de mon père j’ai commencé à faire de nombreux autoportraits, pour lesquels je me mettais en scène, assez intuitivement, et souvent en mouvement. Cela faisait déjà un petit moment que je suivais des cours en école de danse, et c’était déjà un moyen d’expression assez naturel pour moi. Les lieux particuliers comme les cabanes, les greniers, les forêts, les cours d’eau m’attiraient énormément. C’est quelque chose qui n’a pas changé avec le temps.

Ta première séance photo, c’était comment?

Génial ! J’ai rencontré Dominique Rolland via internet, et j’aimais ce qui faisait avec des modèles. N’ayant plus réalisé d’autoportrait depuis longtemps, j’ai eu envie de le contacter et de reprendre, tout en découvrant l’effet que cela faisait de poser devant l’objectif de quelqu’un d’autre. J’ai sincèrement adoré, et comme je ne fais jamais les choses à moitié, je n’ai plus arrêté depuis !

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Tu fais pas mal de nu quand on voit beaucoup de modèles le refuser, pourquoi? Qu’est ce que tu aimes plus dans le nu que dans les autres styles?

Concrètement j’aime le nu autant que le vêtu, pour moi il faut que la composition, la mise en scène, l’image soit cohérente. Et parfois, le nu s’impose de lui même, car c’est comme ça que la photo prend tout son sens. Il faut faire des choix pour construire une image, nu ou habillé, intérieur ou extérieur… Je pense que la question du nu est seulement un paramètre de plus, mais pas un état particulier.

Quelles sont tes limites dans ce domaine? Quels genres de photos refuses tu?

Sans avoir aucun avis négatif sur la question, je refuse de verser dans l’érotique. Non pas que je trouve cela, mal ou dégradant, simplement je ne m’en sens pas capable. J’ai horreur des tenues vulgaires (attention, un vêtement en latex peut être très classe, des talons hauts peuvent être vulgaires, bref, c’est un peu une question de contexte aussi). Et je n’aime pas me sentir « déguisée », par exemple je ne me verrais pas faire une séance photo total look de pirate, ou de pin-up, ce genre de choses.  Je n’aime pas quand l’image est too much.

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T’es tu déja faite chopper à poil en pleine cambrousse durant un set par des passants ou autres? Comment as tu réagi?

Oui ! Le pire : par le grand-père de la fille qui m’avait prêté son grenier, m’assurant que la maison était vide… Dans ces moments, je n’ai pas 36 solutions, je sors ma carte d’étudiante en art et j’essaye de me justifier avant que la personne ne court prévenir la police ! Et il y a toujours des gens pour s’asseoir à côté, regarder sans aucun complexe, surtout quand je suis à Paris, obligée de faire avec même si c’est un peu gênant ! Mais je n’y fais plus tellement attention, à force.
Ceci étant, une fois alors que j’étais complètement habillée dans un parc, un type s’est planté à quelques mètres de la photographe, a baissé son pantalon et a commencé à se tripoter, c’était charmant ! Avec le recul, ça fait des anecdotes bien marrantes.

On suppose qu’une personne qui fait du nu accepte facilement d’en faire plus, t’arrive t’il souvent d’avoir des demandes vraiment plus hard?

En fait très souvent, les photographes essayent de te faire aller encore plus loin que ce qu’ils ont déjà vu sur ton book, c’est comme ça que je me suis parfois retrouvée avec des questions du genre « ok, tu acceptes le nu, c’est bien, mais est ce que tu peux te caresser maintenant ? » Pour ma part, c’est non négociable, mais j’ai déjà croisé la route de gens qui savaient se montrer persuasifs et faire passer ça pour un trip artistique tout ce qu’il y a de plus normal… Bon après, j’avoue je suis d’un avis contradictoire parce que j’aurais envie de dire « chacun ses limites » mais d’un autre côté les modèles qui refusent catégoriquement le nu ça m’agace un peu… de mon point de vue ça fait intégralement partie du job.

200111_148344578685899_62584089_nQuelle a été la pire proposition que tu aies pu avoir?

De me masturber devant l’objectif, avec pour argument « mais toutes mes modèles le font, ça donne une expression plus authentique »
C’était ma troisième séance, je ne savais pas encore exactement ce que j’étais prête à faire ou non, et j’avais été très déstabilisée sur le coup. Au final j’avais fini par refuser, et heureusement car je pense que j’aurais eu des regrets. Il faut vraiment avoir du caractère pour tenir tête à ces personnes là, qui réagissent un peu comme si elles te faisaient une telle faveur de te photographier, que la moindre des choses serait de te plier à tous leurs désirs. D’une manière générale, il faut vite apprendre à dire « non », étant donné qu’on se retrouve vite submergée d’un tas de propositions bizarres, de gens tendancieux qui te demandent de venir chez eux faire de la peinture sur tes seins, ou qui t’appellent « ma belle » au bout de deux minutes de conversations, ce genre de choses…

Et sans donner de noms, la pire rencontre photographique que tu aies faite?

La même personne que pour la question précédente, qui m’a aussi fait des « blagues » totalement déplacées, et vraiment glauques, faisant passer ça pour de l’humour. Cette personne a aujourd’hui une très très mauvaise réputation, et honnêtement il ne l’a pas volée !

As tu déjà préféré ne pas diffuser certains sets photographiques?

Oui. Ma quatrième séance (oui, j’ai enchainé des situations pourries à mes débuts !) car j’ai fait confiance un peu trop facilement, et je me suis retrouvée avec des gros plans de mon sexe, le truc affreux que je n’avais pas du tout remarqué à la prise de vue ! Après ça j’ai reçu des mails de certains proches, aussi choqués que moi, et je me suis juré que ça n’arriverait plus. C’était un photographe à qui j’avais dit oui plus ou moins pour lui faire plaisir (et puis, comme je l’ai dis, je débutais); mais depuis je ne fais plus de concession, si je ne suis pas sûre à 100% que le résultat va valoir le coup, je refuse direct.

Ton plus gros trip photographique?

Environ 3 fois par an j’organise un petit tour de France, en passant par Paris et Lyon, mais aussi par  Toulouse, Grenoble, Nancy… Cela me demande beaucoup d’organisation, en moyenne une ville tous les 5 jours et 5 séances par semaine, je rentre chez moi lessivée, mais je rencontre tellement de gens, et participe à tellement de projets que ce sont des expériences vraiment excitantes. Prochain départ le 8 septembre, j’ai hâte !! En espérant avoir le moins de pépins possibles, étant donné qu’il y a des gens qui n’hésitent pas à te planter le jour même alors que tu es à 800 bornes de chez toi…très professionnel.
Heureusement, il y a bien plus de bonnes surprises que de mauvaises !

Avec ton entourage (chéri, famille, amis) comment ça se passe sur ce sujet? Quelles réactions ont ils face à cette activité? Et comment tu gères ça avec eux?

J’ai rencontré mon copain alors que je n’avais que peu de séances à mon actif, et il m’a totalement encouragée, soutenue; et accessoirement il m’a assistée sur au moins la moitié de mes sets, vraiment je l’en remercie ! Ceci étant, les photographes sont souvent un peu inquiets quand je leur dit que je vais venir accompagnée, beaucoup ont eu de mauvaises expériences avec des types jaloux, du coup en général je me déshabille d’entrée de jeu pour discuter de la tenue, comme ça le photographe se rend tout de suite compte que cette situation ne gêne personne. D’ailleurs, mon copain, après avoir fait quelques duos avec moi, commence à recevoir des propositions et à devenir modèle lui aussi petit à petit, et j’en suis super heureuse ! Il connait plein de gens dans ce milieu (c’est une modèle qui nous a présenté d’ailleurs), et vraiment j’apprécie qu’il ne soit pas totalement largué dans mon « monde ».
Avec ma famille c’est autre chose, je sais qu’ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt que je trouve à faire ça sans me faire payer, et d’une manière générale, je fais en sorte de ne pas leur mettre les photos sous le nez, même si avec facebook je ne peux pas me cacher. Pourtant, quand la photo fait l’objet d’une publication je sais qu’ils sont plutôt fiers, même s’ils ne l’admettent pas vraiment.
Les amis c’est pareil, il y en a qui me suivent et me soutiennent, et il y en a qui s’en foutent totalement, ça m’aide à garder les pieds sur terre.

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On voit beaucoup de personnes se déclarer modèles pro, semi-pro, amateur. Tu te situes dans quelle catégorie?

Il y a deux cas de figure :
Comme modèle photo, je ne suis pas payée, je ne paye personne, c’est uniquement pour le plaisir, même s’il y a un vrai engagement (temps, argent, investissement) des deux côtés. On pourrait donc dire que je suis « amateur », en réalité cela signifie que je choisis totalement avec qui je veux travailler ou non. Je me permets de refuser toutes les propositions qui ne me correspondent pas à 100%.
Comme modèle vivant en revanche, c’est mon boulot, je suis employée, payée et déclarée, donc professionnelle. Mais ces deux situations sont vraiment différentes.

Tu es aussi modèle vivant, c’est même ton job. Comment ça se passe?

Il y a 6 mois j’ai démarché des écoles et ateliers d’artistes qu’il y a dans ma ville, deux semaines plus tard j’avais ma première expérience. Contrairement à ce que l’on peut croire ça n’a rien à voir avec la pose pour photographe; déjà, je suis systématiquement nue, et étant payée -et bien payée d’ailleurs- je n’ai pas mon mot à dire. Concrètement, j’arrive, je me déshabille devant 20 ou 30 personnes et j’écoute l’enseignant qui me dit quel est le thème de la journée, le temps des poses, le niveau de difficulté, etc. C’est physiquement très difficile, mais je me complique la vie aussi, j’aime les poses un peu élaborées et techniques alors que je pourrais me contenter de poser mes fesses sur un tabouret. Heureusement faire des efforts est payant, je suis bien plus souvent rappelée que d’autres filles. Enfin, ça reste un boulot un peu précaire, sans aucun horaires fixes, et difficile à caser sur un CV…

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Tu danses, tu poses, tu te documentes, et tu aides aussi pas mal à la retouche photo quand tu le peux. Au final on peut dire que tu as une vraie culture de la photo, est ce courant dans ce milieu?

Je suis étudiante aux beaux-arts et les domaines artistiques me passionnent, c’est vraiment ma vocation ! Donc j’ai en effet une certaine culture dans ce milieu, d’autant plus primordiale que je souhaite devenir enseignante. D’une manière générale les modèles connaissent très bien le monde actuel de la photo via les réseaux sociaux, mais bien sûr toutes ne sont pas intéressées par la photo dans l’art contemporain. Pour autant, un photographe, surpris que je connaisse ses références m’a un jour dit « ah, c’est étonnant, d’habitude les modèles n’ont pas de culture ! », ça m’a mise hors de moi ! La modèle n’est pas juste une potiche, elle a des compétences qui lui sont propres, et en l’occurrence par exemple au cours de mes études j’ai été formée à la retouche photo. Au final, il est rare que j’intervienne sur une image, mais, avec l’accord du photographe, cela arrive (surtout la retouche de petits détails, type cheveux, peau, plis des vêtements, mais presque jamais la balance des blancs ni les niveaux). Donc ceux qui hurlent au scandale qu’une modèle n’est pas en droit de toucher un cheveux à leur sainte création – ni même de donner son avis, vu qu’elle n’a pas de culture – j’ai un peu envie de leur dire qu’ils n’ont rien compris au concept de collaboration. Et surtout, je ris de voir à quel point la propriété intellectuelle est bien plus mise en avant que le droit à l’image. J’ai un point de vue affectif sur ma propre image, j’estime avoir le droit de le faire entendre.
Ceci étant, s’il est assez rare que j’intervienne, c’est bien parce que j’essaye de ne travailler qu’avec des personnes qui savent vraiment ce qu’elles font, et pourquoi elles le font, et donc en qui j’ai une absolue confiance en la qualité du résultat.

J’entends beaucoup de personnes râler sur le milieu de la photo, des gens qui s’y mettent sans talent (les lunitattoo de la photo m’a t’on dit), des modèles photos qui ne connaissent que le duckface dans les chiottes et ceux qui voient ça comme un moyen de briller ou avoir du succès… Quel est ton ressenti vis à vis de ça si tu t’en préoccupes?

Oui et non, c’est vrai que d’un côté je suis agacée de voir à quel point les gens n’ont aucuns scrupules à se dire « artiste » ou « muse », ce sont des mots terriblement mis à mal et galvaudés de nos jours. Mais en même temps, je sais que les photographes pour qui j’ai de l’estime sauront faire la différence et sentir si la personne qui se dit modèle est sincère dans sa démarche, ou totalement superficielle.941456_151745301679160_1805666778_n

On me dit aussi que c’est un milieu très abîmé par l’égo de pas mal de personnes. L’as tu déjà ressenti auprès de certains? T-a t’on toi même reproché d’avoir la grosse tête?

C’est vrai que d’un point de vue extérieur, la démarche a l’air tout ce qu’il y a de plus narcissique, et d’ailleurs c’est en partie vrai. Mais je fais la différence entre ceux qui sont satisfaits de leur travail, les photographes « rois » ou les modèles « princesses », ce sont les pires, et ceux qui ont assez d’abnégation pour mettre à mal leur image (au sens propre comme au figuré). En ce qui me concerne, quand je démarche un photographe, c’est dans l’optique de me mettre à son service, comme un outil. Je ne cherche pas à être « jolie », et j’aime bien les démarches un peu expérimentales, je pense que c’est ce qui m’évite de me prendre pour une mannequin que je ne suis pas. Et puis, je connais bien mes points faibles.
Cela dit, oui, c’est arrivé qu’on me le dise, après avoir répondu négativement à une proposition. J’ai beau essayer d’être la plus diplomate possible, certaines personnes ne tolèrent pas le refus et m’ont prise pour une sacrée pimbêche, à oser avoir des exigences dans le choix de mes collaborations.
Autre chose qui me fait souvent rire, c’est l’hypocrisie des gens qui gravitent autour de cet univers. L’exemple le plus parlant : lorsque je me rends à un apéro photo, où l’on ne me reconnait pas et ne me calcule pas, mais une fois sur facebook, quelques personnes comprennent qui je suis et débarquent comme une fleur après m’avoir ignorée toute la journée « Oh tu as travaillé avec Paul von Borax ? Oh, tu connais Julie de Waroquier ? Génial, soyons amis ! Tu peux me les présenter ? » Bon, j’exagère, mais dans l’idée, ça arrive vraiment souvent. Aucun amour-propre.

Certains photographes ont déja trouvé des photos totalement pompées de leur style (même pose, même style, même déco), as tu déja connu ce problème?

Tout à fait ! Même encore récemment, un photographe qui like ma page, me félicite, et poste la semaine suivante une photo très proche d’une des miennes, avec une modèle qui danse dans de la farine… Dans ce cas là, je ne dis rien, puis que je n’ai de toute façon rien inventé, mais je rigole devant mon ordinateur du peu de créativité que les gens peuvent avoir. Mais le cas le plus fréquent, c’est que l’on me demande de refaire les mêmes poses/décors/idées que le photographe a vu dans mon book. Bien évidemment, je refuse, je n’ai aucune envie de me parodier moi-même, même s’il y a des thématiques récurrentes.

Et l’amitié entre les modèles photos, comment ça se passe? La concurrence est elle assez présente pour nuire aux relations entre vous ou est ce que ça reste très fair play?

On me pose souvent cette question, mais je trouve au contraire qu’il y a beaucoup de respect entre les filles, j’ai de très très bonnes amies parmi les modèles, qui sont des filles que j’estime énormément pour leur travail. D’autant que dans l’ensemble, nous apprécions et collaborons avec les mêmes personnes. Bien sûr, il y en a d’autres dont je n’aime pas du tout le style, et bien sur il doit y avoir sacrément de jalousie entre certaines.
En revanche, j’ai déjà reçu des mails méchants type « tu viens dans notre ville et tu voles nos photographes, t’as pas honte ?!? » mais cela m’a toujours bien fait rire, c’est tellement ridicule !

428427_142155442638146_1848075290_nAu niveau pécuniaire, on a parfois l’impression que c’est très arbitraire, on entend des modèles poser contre rémunération, des photographes shooter contre rémunération, ou l’utilisation du mot « collaboration ». Avec toi comment ça se passe?

Je suis très claire là-dessus, de mon point de vue je fournis un travail différent mais tout aussi important que celui du photographe, nous nous investissons tout les deux à part égale, donc je vois ça comme un échange de service.  Quand je démarche un photographe, je lui demande s’il pense que j’aurais ma place dans ses projets personnels, et si c’est le cas, je fais vraiment de mon possible pour correspondre à ce qu’il a en tête, ou pour trouver des idées qui le satisferont. En général, dans le cas le plus habituel, il trouve le lieu, je trouve les vêtements, et les poses sont improvisées en fonction de l’ambiance. Je fais vraiment en sorte qu’il n’y ait pas de décalage entre mon investissement et celui du photographe.

En termes de conditions de shooting (présence d’un tiers, récupération des photos, retouches, diffusion et propriété intellectuelle) comment ça se passe pour poser avec toi, quelles sont les conditions sur lesquelles tu refuses de transiger?

Au départ, aucune condition, amateur ou non, peu m’importe, je ne fonctionne qu’au coup de coeur ! Ambiance mode ou ésotérique, quand le travail me plait, je fonce. Après, il faut que je me trouve dans la même ville que cette personne, et cela peut prendre du temps, donc j’apprécie énormément ceux qui se montrent patients. Ensuite, chacun son mode de fonctionnement, parfois le photographe a une idée très très précise de ce qu’il veut, d’autre fois il a juste un lieu en tête, parfois nous nous envoyons des images d’inspirations… je m’adapte. Dans tous les cas, j’arrive avec un gros sac d’affaires, et si possible, de la musique; et une fois l’ambiance, la tenue et l’endroit trouvé, je commence à danser. Ensuite je laisse carte blanche pour la retouche, j’aime avoir la possibilité de pouvoir donner mon avis comme je l’ai dit plus haut, mais dans tous les cas je préfère toujours la qualité à la quantité. Une à trois photos par séance, c’est presque mon maximum ! Après la réception, je ne publie que mes favorites, et surtout, s’il y a une chose sur laquelle je ne négocie pas, ce sont les crédits. Je veux que mon nom soit mentionné, comme je le fais pour toutes les personnes ayant participé, photographe bien sur, mais aussi maquilleur, styliste, etc. Il me semble que c’est la moindre des choses !

Lorsqu’une personne te contacte et veut faire un projet avec toi, concrètement comment ça se passe? Quelles sont les précautions à prendre?

Comme je l’ai dit plus haut, pas besoin d’avoir un projet construit de A à Z, j’aime aussi l’improvisation. En revanche je préfère que l’on ne me propose pas des séances « gothique » « zombie », « fétish », je trouve ça vraiment trop cliché !
Ma précaution serait de parler un peu avec la personne, on repère vite dans ces cas là les gens autoritaires, un peu pervers, ou profiteurs. Et bien savoir ce que l’on aime, par exemple je ne suis pas fan des séances en studio trop académiques, classiques, même si elles sont de qualité, donc quand on m’en propose je préfère généralement décliner l’offre.
Mais mon meilleur conseil serait de ne pas croire que la photo aide à avoir confiance en soi. Je n’encouragerai pas à une fille un peu fragile à se lancer dans ce monde-là car il faut pouvoir encaisser les refus, les mails restés sans réponse, les critiques… A mon sens, ce n’est vraiment pas une thérapie, comme beaucoup semble le croire.

Tu te crades quand même pas mal des fois, et il arrive que tu te retrouves dans des conditions climatiques franchement pas drôles. As tu déja eu à en subir les conséquences?

C’est pour cette raison que je dis toujours que mon engagement est au moins aussi important que celui du photographe, car si je suis convaincue que cela va valoir le coup je n’hésite pas à me mettre nue en plein hier, ou m’immerger dans de la vase par 8 degrés, parcourir le pays et me lever à 3h du matin, pas de problème ! Bon, je fais ma maligne, mais oui j’ai déja eu des soucis du genre intoxication au méthane, eczema, tiques… mais ça fait partie du jeu ! Pour être modèle, il ne faut pas être en sucre, rares sont les séances dans les fleurs, avec maquilleuse aux petits soins, par une agréable brise estivale… Enfin, il y a des filles qui n’acceptent que ça, et je trouve que c’est ennuyeux à mourir. Prendre des risques est souvent payant, pour trouver des lieux sublimes, ou des lumières magnifiques.

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Si on te proposait un projet photographique vraiment fou, lequel serait-ce?

Partir dans les pays du nord, type Norvège ou Islande, pour leurs paysages à tomber !
Sinon, des photos underwater me plairaient bien, ainsi que refaire quelques vidéos, c’est un moyen d’expression que j’aime énormément.

Histoire de terminer sur du beau monde, quels sont les photographes et les modèles qui t’inspirent, que tu suis le plus et avec qui tu as envie de faire quelque chose plus tard?

Il y en a tellement ! Alexandra Banti, Jess Photography, Fall Inlight, Vivienne Mok, Martial Lenoir, Dedalus, Julie Marie Gene, Aurelie R, Eric Keller, Marc Dubord, Alexandre Deschaumes…
Chez les modèles, jetez un oeil sur ce que font mes copines Sirithil, Allys De Pardalinum,  Psyché Ophiuchus; ou encore Mejika Setsunai, Rachel La, elles sont géniales !

Un dernier mot? (on est pas dans Kamoulox, ne réponds pas « slip » stp)

Merci !!!

Vous pouvez retrouver Ines et ses magnifiques photos sur sa page fan:

https://www.facebook.com/Ineskozicdancer?fref=ts

Allez mater son univers, likez la, faites lui plez les amis 😉

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