l’Art Maori (Moko)

Le tatouage Maori, origines, symboles et techniques

Moko est le nom du tatouage Māori et de la culture entourant l’art ce tatouage. Tous les symboles utilisés ont une signification. C’est un lien tribal qui raconte l’histoire de son porteur. Le Moko est un langage visuel qui connecte celui qui le porte à son « whakapapa » (généalogie). Cet art a été introduit en Nouvelle Zélande (ne pas confondre donc avec le tatouage Polynésien de Tahiti ou des îles Marquises).

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La naissance de l’art Moko

Selon la mythologie Māorie, le tatouage a commencé par une histoire d’amour entre un jeune homme qui s’appelait Mataora et une jeune princesse du monde des Ténèbres du nom de Niwareka.
Un jour Mataora frappa Niwareka. Niwareka s’enfuit alors pour rejoindre le royaume de son père, sorcier des Enfers. Mataora, le cœur brisé et repentant, partit à la recherche de Niwareka. Après bien des épreuves, et après avoir surmonté de nombreux obstacles, Mataora est finalement arrivé dans le royaume de Uetonga. Mais, après son long voyage, Mataora se sentit honteux de sa propre apparence – son visage abîmé était couvert de saletés. Humblement, il demanda alors un Moko (tatouage) à Uetonga, qui finit par accepter.
Alors que les mains habiles du sorcier Ta Moko (tatoueur) travaillaient sans relâche sur son visage, un esprit ‘Tapu’ (sacré) le submergea. Mataora commença alors à voyager au delà de la douleur de la chaire, guidé par son âme afin de comprendre le « mana » (pouvoir) de son histoire. Il sentit la force de vie des Dieux et le souffle qui lui donna la vie. Il tourbillonna à travers les lignes de Dieu et les lignes de la terre jusqu’aux entrailles sacrées de sa mère. Il vit la vie de sa mère et son père; leurs rangs et leurs positions dans la vie se tresser dans le tissu de son horloge terrestre. Il vit ses terres tribales au delà des brumes. Il vit ses tribus et les mariages en leurs seins. Il vit le caractère exceptionnel de chacune des vies avant lui et entendit le murmure de son propre nom Mataora, mata ora, mata ora…de la naissance à la mort, de la naissance à la mort, l’histoire de ta vie est entre les lignes de ton propre visage, gravée à partir de la mémoire de tes propres os.
L’odeur de Kauri brûlé remplit l’air alors que les fibres souples de lin brossaient son visage enflé pour nettoyer le sang. Il sentit l’eau froide tomber entre ses lèvres et atteindre la sécheresse de sa langue. Il entendit le ‘Waiata’ (poème, chanson) de ses ancêtres et ouvrit les fentes qu’étaient ses yeux. Niwareku s’assit à ses côtés.
Mataora passa de nombreux jours et nuits avec Uetonga pendant que sa chaire commençait à guérir, en écoutant comment s’approprier le savoir du Ta Moko.
Quand il fut guéri, Mataora  parti en quête d’un os sacré pour réaliser ses outils et du pigment bleu-noir nécessaire pour réaliser le Moko. Il travailla ensuite avec dextérité sur la peau souple de la gourde offerte par Uetonga, sculptant le Moko de sa vie dessus, le Moko de son visage.
Une fois terminé, il passa son travail à Uetonga qui bénit son savoir, passé et présent. Mataora quitta alors le Monde des Ténèbres avec Niwareka et retourna dans le monde de la lumière, apportant avec lui l’art du tatouage ‘Te Moko’.

La signification du Moko chez les Maoris

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Pour les Maoris, le ‘Ta Moko’ est un symbole fort d’identification. Il s’agit d’une véritable carte d’identité codifiée qui révèle le rang social, la force et la virilité, l’autorité et le pouvoir du porteur, son clan et son statut.
Les lignes du Moko Maori ont toutes leur propre symbolique et sont réservés à des endroits du visage précis : la descendance ancestrale est indiquée par les deux côtés du visage. Le côté droit est, en général, le côté de la filiation tribale du père, le côté gauche, celui de la mère.
L’ascendance est un pré-requis essentiel à l’élaboration d’un Moko dans la civilisation Maori. Le rang social des parents, selon qu’il soit héréditaire ou acquis, est important pour le motif du tatouage. Si l’un des deux parents n’est pas de rang social élevé, le côté du visage qui lui est dédié ne sera pas tatoué. De même, si aucun des parents n’a d’ascendance sociale élevée, le centre du front n’est pas tatoué : cette absence signifie que le tatoué n’a pas de statut social élevé ou ne l’a pas hérité si il en a un.
Celui qui procède à la réalisation des tatouages Maoris est appelé Tohunga-ta-moko, qui signifiait à l’origine l’expert, mais à notre époque le mot se traduit par prêtre, ce qui révèle l’importance spirituelle du Moko dans la culture Maorie. En effet, le Tohunga est considéré comme la personne étant la plus proches des Atua (dieux) lorsqu’ils pratiquent leur art sacré.

La technique
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Au centre de l’art du tatouage maori, le visage était considéré comme la partie du corps la plus sacrée. Et parce que le tatouage provoquait des saignements qui se répandaient sur l’artiste tatoueur, ce dernier était une personne ‘Tapu’.
Tous les Maoris de haut-rangs étaient tatoués et ceux qui ne possédaient pas de tatouages étaient considérés comme des personnes n’ayant aucun statut social.
Le tatouage commençait à la puberté, accompagné par de nombreux rites et cérémonies rituelles. En plus de rendre un guerrier attractif, la pratique du tatouage marquait les rites de passage et les évènements importants dans la vie d’une personne.

Il y avait certaines interdictions pendant le processus de tatouage. Pour le tatouage facial en particulier, la proximité sexuelle et l’ingestion de nourriture solide étaient interdites. Afin de surmonter cette dernière interdiction, on faisait passer l’eau et la nourriture liquide dans un entonnoir, cela afin qu’aucun produit contaminé ne soit en contact avec la peau gonflée. C’était également le seul moyen pour le tatoué de manger jusqu’à ce que ses plaies soient guéries. Un tatouage facial complet prenait énormément de temps et la structure osseuse du visage de la personne était attentivement étudiée par le tatoueur.

La première étape du tatouage était de graver des entailles profondes dans la peau à l’aide d’un ciseau en os d’albatros taillé de façon très coupante. Ensuite un burin était trempé dans un pigment (de la gomme de Kauri brulée ou des chenilles végétales brulées) que l’on enfonçait dans la peau. C’était un procédé extrêmement long et douloureux. On plaçait souvent des feuilles de Karaka sur le tatouage gonflé pour en hâter la guérison. Car les guerres étaient fréquentes et les guerriers avaient peut de temps pour récupérer.

Controverses

Les Maoris sont très attachés à leur culture et traditions. Contrairement aux chinois qui ressentent l’imitation de leur travail comme un honneur, les Maoris veulent préserver l’authenticité de leur marquage de peau au maximum.  De fait, L’utilisation de Moko sur des non Maoris est vue comme une insulte. C’est pourquoi en 2007, lorsque Jean Paul Gauthier s’est inspiré des tatouages Maoris pour présenter sa nouvelle collection, une vaste polémique a surgi en Nouvelle Zélande. A la place, ils encouragent les ‘Kirituhi’, des tatouages d’inspiration Maorie, mais dont les lignes ne sont pas directement dessinées à partir des dessins existants ou des symboles traditionnels.

Sources

http://www.thetattoocollection.com/history_of_tattoos.htm
http://en.wikipedia.org/wiki/T%C4%81_moko
et du par ci par là…

Une réflexion sur “l’Art Maori (Moko)

  1. Absolument fascinant, c’est ouf !

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